TVA importation / exportation Suisse (guide)

TVA Import-Export Suisse — questions ? Analyse de dossier
Guide pratique · TVA suisse · Mis à jour le 21.07.2026

TVA import-export en Suisse
guide pratique pour PME

La TVA import-export en Suisse repose sur des règles propres : impôt sur les importations, déduction de l’impôt préalable, preuve d’exportation, services transfrontaliers et opérations complexes. Ce guide aide les PME à distinguer les mécanismes avant la facturation et le traitement comptable.

TVA à l’importation — procédure OFDF, récupération de l’impôt préalable
TVA à l’exportation — qualification, preuve de sortie et dossier justificatif
Prestations de services transfrontaliers — règle du destinataire et exceptions
Opérations triangulaires — flux physiques dissociés des flux de facturation
Sociétés étrangères assujetties en Suisse — quand et comment
Documentation et erreurs fréquentes à éviter en contrôle AFC
🌍 Pages liées à ce guide
Pour passer du guide à la mise en œuvre
TVA import-exportQualification et contrôle documentaire d’un dossier
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Facture exportTVA, devise, mentions et justificatifs
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Services transfrontaliersLieu de la prestation et impôt sur les acquisitions
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Comptabilité des exportateursFactures, devises, créances et bouclement
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Voir le parcours Export PME →

Guide pédagogique · prestations spécialisées sur les pages dédiées

🧭 Plan du guide

TVA import-export Suisse :
comment lire ce guide sans se perdre

Ce guide est pensé pour les dirigeants de PME, responsables administratifs et fiduciaires qui doivent qualifier un flux international avant de le comptabiliser : importation de biens, exportation, prestation transfrontalière, opération triangulaire ou société étrangère active en Suisse.

4 étapes pour passer du flux réel au traitement TVA
Lecture utile Commencez par le flux physique : où sont les biens ou où le service est-il localisé ? Ensuite seulement, vérifiez la facture, le pays du client, le taux et le justificatif disponible.

Contrairement aux entreprises opérant au sein de l’Union européenne, une PME suisse qui importe ou exporte ne bénéficie d’aucune simplification intra-communautaire. Chaque passage de frontière douanière déclenche des formalités spécifiques, des justificatifs obligatoires et des qualifications TVA qui doivent être traitées séparément pour chaque flux.

Ce guide couvre les mécanismes TVA applicables aux opérations transfrontalières — livraisons de biens et prestations de services — avec des cas pratiques concrets pour chaque configuration fréquente. Il complète le parcours Export PME Suisse en approfondissant les règles TVA, sans remplacer les pages de service consacrées à la comptabilité, à la facture export ou au pilotage financier.

Ce que ce guide couvre : la mécanique générale de la TVA suisse sur les flux internationaux, le régime de l’importation (OFDF, systèmes applicables et récupération de l’impôt préalable), les conditions d’exonération à l’exportation, les règles applicables aux prestations de services transfrontaliers, les opérations triangulaires, l’assujettissement des sociétés étrangères en Suisse, la documentation à conserver, et les erreurs fréquentes en contrôle AFC.
Note importante : la TVA internationale est l’un des domaines les plus complexes et les plus évolutifs du droit fiscal suisse. Ce guide présente les principes généraux applicables à la date de sa vérification (21.07.2026), mais chaque opération concrète doit être qualifiée selon ses caractéristiques propres. Il ne remplace pas l’analyse d’un dossier concret. La prestation TVA import-export présente le périmètre d’un accompagnement ciblé.
Réponse directe

Ce qu’il faut comprendre avant de traiter
une opération import-export en TVA suisse

La première question n’est pas seulement “faut-il facturer la TVA ?”. Il faut identifier le flux physique, le lieu de la prestation, l’importateur, le document OFDF et la preuve disponible.

SituationPoint TVA principalDocument cléRisque fréquent
Importation de marchandisesTVA perçue par l’OFDF, déductible sous conditionsDécision de taxation / document OFDFTVA payée mais non récupérée ou mal rattachée
Exportation de marchandisesExonération avec droit à déduction si la sortie est prouvéePreuve d’exportation et document de transportFacture hors TVA sans preuve suffisante
Service à un client étrangerLieu de la prestation selon la LTVA, souvent lieu du destinataireContrat, facture, nature de la prestationConfusion entre “hors champ suisse” et “exonéré”
Service acheté à l’étrangerImpôt sur les acquisitions possibleFacture fournisseur étrangerAuto-liquidation oubliée dans le décompte TVA
💡
Lecture fiduciaire

Un dossier import-export défendable relie toujours les flux physiques, les factures, les documents OFDF, les paiements et le traitement comptable. C’est cette cohérence documentaire qui fait la différence en cas de contrôle.

⚙️ Mécanique générale

Pourquoi la TVA suisse sur les flux internationaux
fonctionne différemment de l’UE

La Suisse dispose de son propre territoire douanier et de sa propre loi sur la TVA (LTVA). Les opérations transfrontalières ne relèvent pas des mécanismes TVA intracommunautaires européens, même pour des entreprises suisses qui travaillent principalement avec des partenaires UE.

Principe général — territorialité

La TVA suisse s’applique aux livraisons de biens effectuées sur le territoire douanier suisse et aux prestations de services dont le lieu de fourniture est en Suisse selon la LTVA. Ce principe de territorialité détermine quelle TVA s’applique — suisse, étrangère ou aucune — pour chaque opération.

Les deux mécanismes clés
Exonération avec droit à déductionExportations de biens et certaines opérations assimilées : la facture peut être établie sans TVA suisse lorsque la sortie du territoire et la qualification sont documentées. La TVA amont peut rester déductible selon l’affectation.
Hors champ territorial ou exclusionCertaines prestations ne sont pas localisées en Suisse, tandis que d’autres opérations sont exclues du champ de l’impôt. Le traitement et le droit à déduction ne se déduisent jamais du seul fait que le client est étranger.
⚠️
Exonération ≠ absence de justificatif

Une opération exonérée de TVA suisse n’est défendable que si les justificatifs requis sont disponibles. En l’absence de documentation suffisante, l’AFC peut requalifier une livraison exonérée comme une livraison imposable au taux normal — générant un rappel de TVA plus les intérêts moratoires, sans possibilité de récupération auprès de l’acheteur si la facture a déjà été émise sans TVA.

📦 TVA à l’importation

TVA à l’importation —
procédure OFDF et récupération de l’impôt préalable

Chaque entrée de marchandises sur le territoire douanier suisse déclenche une procédure de dédouanement auprès de l’OFDF (Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières). La TVA d’importation perçue à cette occasion peut être récupérée — sous conditions.

La TVA à l’importation est calculée sur la contre-prestation ou la valeur marchande des marchandises, en tenant compte des frais accessoires jusqu’au lieu de destination sur territoire suisse lorsqu’ils ne sont pas déjà inclus dans le prix : transport, assurance, formalités, droits de douane, émoluments ou autres frais liés à l’importation. Le taux applicable est celui correspondant à la catégorie du bien importé — 8,1% pour la majorité des marchandises, 2,6% pour certaines catégories de biens.

  • Base imposable : contre-prestation ou valeur marchande + frais accessoires jusqu’au lieu de destination sur territoire suisse, lorsque ces frais ne sont pas déjà inclus
  • Taux : identique à la livraison interne du même bien — 8,1% ou 2,6% selon la catégorie LTVA
  • Acquittement : perçu par l’OFDF au moment du dédouanement, ou selon le régime de paiement accordé à l’importateur

Une entreprise assujettie à la TVA suisse peut récupérer la TVA d’importation acquittée auprès de l’OFDF, en l’inscrivant dans son décompte TVA de la période concernée comme impôt préalable — à condition que les marchandises importées soient destinées à une activité ouvrant droit à déduction (activité imposable).

  • Document requis : déclaration d’importation (décision de taxation ou document OFDF équivalent) indiquant expressément la TVA acquittée et le nom de l’importateur assujetti en Suisse
  • Importateur = personne assujettie : si le dédouanement est effectué au nom d’un tiers ou d’un transitaire sans mandat TVA, le droit à déduction peut être compromis
  • Activités mixtes : si l’entreprise réalise à la fois des activités imposables et des activités exclues, la déduction est limitée au prorata des activités imposables
  • Moment de la déduction : la récupération s’effectue dans le décompte TVA selon la méthode applicable et les justificatifs disponibles ; les corrections tardives doivent être examinées au regard des délais et de la prescription

⚠ Risque fréquent : document OFDF ne mentionnant pas correctement l’importateur qui demande la déduction, ou circuit documentaire incomplet avec le transitaire.

Certaines marchandises peuvent entrer en Suisse sous des régimes douaniers qui suspendent ou reportent l’acquittement de la TVA d’importation — avec des obligations strictes de suivi et de sortie du régime.

  • Admission temporaire : marchandises importées pour un usage temporaire (foires, tests, réparations) et destinées à être réexportées — TVA et droits de douane suspendus ou traités selon le régime autorisé
  • Perfectionnement actif : importation de matières premières ou de composants destinés à être transformés en Suisse puis réexportés — suspension, remboursement ou traitement spécifique selon l’autorisation et la procédure OFDF
  • Entrepôt douanier : stockage de marchandises en suspension de droits et de TVA jusqu’à la mise à la consommation en Suisse ou la réexportation

Ces régimes requièrent une autorisation préalable de l’OFDF et un suivi documentaire rigoureux — l’absence de preuve de sortie du régime peut entraîner l’acquittement de la TVA et des droits suspendus, selon le régime et l’autorisation.

🧮
Exemple simplifié de base de calcul à l’importation

Une PME importe des marchandises facturées CHF 20’000. Si les frais de transport, d’assurance, de dédouanement et les droits éventuels jusqu’au lieu de destination en Suisse ne sont pas déjà compris dans le prix, ils doivent être ajoutés à la base de calcul de la TVA à l’importation. Le document OFDF reste la pièce centrale pour constater la TVA effectivement perçue et, le cas échéant, la déduire comme impôt préalable.

ÉlémentTraitement TVA importPoint de contrôle
Valeur marchandisesIncluse dans la baseFacture fournisseur et valeur déclarée
Transport, assurance, dédouanementPris en compte jusqu’au lieu de destination suisse si non inclusFacture transitaire / transporteur
TVA à l’importation8,1 % ou 2,6 % selon la catégorie de biensDocument OFDF indiquant la TVA acquittée
Déduction comme impôt préalablePossible sous conditionsAssujettissement, affectation imposable, justificatif officiel
✈️ TVA à l’exportation

TVA à l’exportation —
l’exonération n’est acquise que sur justificatifs

Une livraison de marchandises transportées ou expédiées à l’étranger peut être traitée sans TVA suisse lorsque les conditions de l’exportation sont réunies et que la sortie du territoire douanier est établie par un dossier cohérent.

Ce qui constitue la preuve d’exportation
  • DTe ou document d’exportation disponible dans le système OFDF applicable
  • Document de transport mentionnant la destination finale hors territoire suisse
  • Preuve de livraison à destination (POD) si les marchandises sont emportées par l’acheteur lui-même
  • Combinaison de documents cohérents pour les ventes à emporter (touristes, clients transfrontaliers)
Ce qui ne suffit pas
  • Facture émise en devise étrangère (EUR, USD…) sans justificatif de sortie
  • Adresse de livraison étrangère mentionnée sur la facture sans autre élément reliant l’opération à la sortie des biens
  • Nationalité étrangère du client, sans preuve de sortie des marchandises
  • Déclaration isolée du client sans éléments cohérents de transport, de sortie ou de livraison
💡
Tax-free shopping — cas particulier des ventes aux touristes

Un commerce vendant à des touristes étrangers peut appliquer l’exonération TVA pour les marchandises emportées dans leurs bagages personnels, à condition que les conditions spécifiques du trafic touristique soient remplies et que le commerçant dispose d’une procédure de validation documentaire. Ce régime est distinct de l’exportation commerciale classique et implique des formalités propres — notamment la validation douanière à la frontière par le touriste.

Vous préparez une facture export ?Vérifiez la qualification TVA, la devise, les mentions et les documents à obtenir avant l’envoi.
Voir le guide facture export →
🔄 Services transfrontaliers

Prestations de services transfrontaliers —
la règle du destinataire et ses exceptions

La TVA sur les prestations de services transfrontaliers ne dépend pas uniquement de la localisation du prestataire, mais d’abord du type de prestation et de la nature du destinataire. La règle générale est celle du lieu du destinataire — avec plusieurs exceptions importantes.

Type de prestationRègle de localisation (LTVA)Traitement TVA Suisse
Prestations de droit commun (conseil, IT, comptabilité, publicité…) à une entreprise étrangèreLieu du destinataire, sauf exceptionEn principe non imposable en Suisse
Prestations de droit commun à un client privé étrangerLieu du destinataire, sauf exceptionÀ qualifier selon la nature du service
Prestations liées à un immeuble situé en SuisseLieu de l’immeubleImposable en Suisse
Manifestations, conférences, formations en SuisseLieu d’exécutionImposable en Suisse
Transport de personnes ou de marchandises en SuisseLieu d’exécution proportionnelPartiellement imposable
Services numériques / électroniques à des clients suisses depuis l’étrangerLieu du destinataireSoumis au seuil d’assujettissement
Services financiers et d’assuranceRègles spécifiques LTVAÀ qualifier selon la prestation

Qualification indicative selon les règles générales de la LTVA — chaque prestation doit être analysée individuellement selon ses caractéristiques précises et les parties concernées.

⚠️
Acquisition de services depuis l’étranger — la TVA sur les acquisitions

Une entreprise suisse déjà assujettie à la TVA qui reçoit des prestations de services d’un prestataire étranger non assujetti à la TVA suisse peut devoir déclarer la TVA sur les acquisitions dans son décompte, selon les règles applicables. Cette obligation concerne notamment les services numériques, les licences logicielles, les honoraires de conseil et certains management fees facturés par des entités étrangères. Pour un destinataire non inscrit au registre TVA, l’impôt sur les acquisitions peut également devenir dû si le montant de telles prestations dépasse CHF 10’000 par année civile.

Approfondir les prestations transfrontalières

La page TVA et services transfrontaliers distingue les principales règles de localisation, les exceptions et les achats de services auprès de prestataires étrangers.

🔺 Opérations triangulaires

Opérations triangulaires —
quand les flux physiques et les flux de facturation divergent

Une opération triangulaire implique au moins trois parties et deux pays. Selon la configuration, le traitement TVA peut varier considérablement — c’est l’un des domaines où les erreurs sont les plus coûteuses et les plus difficiles à corriger a posteriori.

🇨🇭

Achat en UE, livraison directe à un client en Suisse

Une société suisse achète des marchandises à un fournisseur UE qui les expédie directement à un client suisse de la société. La société suisse importe les marchandises (dédouanement en son nom), paie la TVA d’importation et peut la récupérer comme impôt préalable si elle est assujettie. La revente au client suisse est ensuite imposable en Suisse selon le taux applicable.

⚙ Configuration fréquente — dédouanement critique
🌐

Achat en Suisse, livraison directe à un client étranger (drop-shipping)

Une société suisse achète des marchandises à un fournisseur suisse, qui les expédie directement à un client étranger. La société suisse doit disposer des justificatifs d’exportation (déclaration d’exportation à son nom) pour facturer sans TVA à son client étranger. Sans cette preuve, la revente reste imposable en Suisse même si les marchandises n’ont jamais été physiquement chez la société.

⚠ Justificatifs d’exportation indispensables
↔️

Intermédiaire suisse entre deux entités étrangères

Une société suisse agit comme intermédiaire commercial : elle achète à un fournisseur UE et revend à un client dans un pays tiers, sans que les marchandises transitent physiquement par la Suisse. Chaque livraison de la chaîne doit être localisée séparément. Si les biens ne passent pas par la Suisse, l’opération peut se situer hors du territoire suisse, tout en créant d’éventuelles obligations TVA dans les pays concernés.

⚠ Qualification obligatoire selon les flux réels
💡
Règle fondamentale : commencer par le flux physique, puis analyser chaque livraison

Dans une chaîne de livraisons, le trajet des biens est le point de départ, mais il faut aussi identifier les contrats successifs, la livraison à laquelle le transport est attribué, l’importateur et les obligations éventuelles dans chaque pays. Une adresse étrangère ou une chaîne de factures ne suffit pas à déterminer le traitement TVA.

🏢 Sociétés étrangères en Suisse

Assujettissement des sociétés étrangères
à la TVA suisse

Une société sans établissement en Suisse peut néanmoins être tenue de s’assujettir à la TVA suisse lorsqu’elle fournit des prestations imposables sur le territoire suisse et que les seuils déterminants sont atteints ou devraient être atteints. Ces règles concernent notamment les entreprises étrangères et les ventes à distance vers la Suisse.

Seuil général

Une entreprise étrangère peut devenir assujettie lorsqu’elle fournit des prestations imposables sur le territoire suisse et que, compte tenu des circonstances, le seuil de chiffre d’affaires déterminant de CHF 100’000 est atteint ou devrait être atteint dans les douze mois suivants.

E-commerce — petits envois

Depuis 2019, des règles spécifiques s’appliquent aux ventes par correspondance de biens de faible valeur vers la Suisse, notamment lorsque le seuil déterminant est atteint sur ce type de livraisons. La situation doit être vérifiée selon le modèle de vente et les flux réels.

Représentant fiscal

Une société étrangère assujettie à la TVA suisse doit généralement désigner un représentant fiscal domicilié ou établi en Suisse pour l’accomplissement de ses obligations de procédure TVA. Les modalités et responsabilités doivent être vérifiées selon le dossier.

💡
Numéro TVA suisse — une obligation de facturation

Une société assujettie à la TVA suisse — qu’elle soit suisse ou étrangère — doit mentionner son numéro de TVA suisse (numéro IDE complété de « MWST », « TVA » ou « IVA ») sur ses factures pour des prestations imposables en Suisse. Une facture incomplète ou sans numéro TVA peut compliquer la déduction de l’impôt préalable et nécessiter une correction documentaire.

📁 Documentation obligatoire

Les documents à conserver —
votre première ligne de défense en contrôle AFC

En TVA internationale, la documentation n’est pas une formalité administrative : c’est la condition sine qua non de la défendabilité de chaque position prise. Un dossier documentaire lacunaire est le premier facteur de risque lors d’un contrôle AFC sur des opérations transfrontalières.

Documents à conserver pour les importations
DTe ou décision d’importation indiquant la TVA perçue et les données du flux
Facture fournisseur mentionnant la valeur, la nature et l’origine des marchandises
Documents de transport (connaissement, CMR, lettre de voiture)
Contrat ou conditions de vente si les frais de transport sont inclus dans le prix (CIF, DDP, etc.)
Autorisation du régime douanier si régime particulier (admission temporaire, perfectionnement actif)
Documents à conserver pour les exportations
DTe ou document d’exportation OFDF relié à la facture et aux biens sortis
Facture de vente sans TVA suisse avec la mention légale appropriée
Document de transport indiquant la destination finale à l’étranger
Preuve de livraison (POD) pour les marchandises emportées par le client
Contrat de vente si les conditions de livraison (Incoterms) influencent la qualification TVA
⏱️
Durée de conservation légale

L’ensemble des documents comptables, y compris les pièces justificatives douanières, doit être conservé pendant 10 ans à compter de la clôture de l’exercice concerné (CO art. 958f). En pratique, conserver une documentation complète et accessible pendant toute la durée légale est indispensable pour pouvoir répondre à une demande ultérieure de l’AFC ou de l’OFDF.

📚
Organiser les pièces dans la comptabilité courante

Pour les entreprises qui exportent régulièrement, la page comptabilité pour PME exportatrices explique comment rapprocher factures, devises, encaissements, documents douaniers et bouclement.

Votre dossier import-export TVA
est-il documenté pour tenir un contrôle AFC ?

Robuste Fiduciaire accompagne les PME vaudoises et internationales sur la structuration, la qualification et la documentation de leurs opérations TVA transfrontalières. Un cadrage permet d’identifier les flux, les documents manquants, les corrections prioritaires et les sujets qui doivent être validés par un autre intervenant.

Périmètre confirmé selon les flux, les documents et les responsabilités convenues.

⚠️ Erreurs fréquentes

Les erreurs TVA import-export
les plus fréquentes — et les plus coûteuses

Ces erreurs reviennent systématiquement lors des contrôles AFC sur des opérations transfrontalières.

Erreur 1

Exportation traitée comme exonérée sans justificatif

Une vente à un client étranger est facturée sans TVA sur la seule base de l’adresse étrangère ou de la nationalité du client, sans déclaration d’exportation ni preuve de sortie des marchandises.

✓ Correction : relier la facture, les biens, la sortie de Suisse, le transport et la livraison au moyen des documents disponibles, dont la DTe lorsqu’elle existe.
Erreur 2

Impôt préalable d’importation non récupéré

La TVA acquittée à l’importation n’est pas inscrite dans le décompte TVA — soit par méconnaissance du mécanisme, soit parce que le document d’importation n’est pas correctement rattaché à la personne qui supporte l’impôt et demande la déduction.

✓ Fix : vérifier que le dédouanement est effectué au nom de l’importateur assujetti et inscrire la TVA d’importation dans le décompte de la période.
Erreur 3

Services à l’étranger traités comme imposables

Des prestations facturées à des entreprises établies à l’étranger sont soumises à la TVA suisse alors qu’elles relèvent souvent de la règle du destinataire et peuvent être situées hors du champ territorial de la TVA suisse.

✓ Fix : qualifier chaque type de prestation selon la LTVA avant facturation — les prestations de droit commun à des entreprises étrangères sont souvent situées hors du champ territorial de la TVA suisse, sous réserve des exceptions de la LTVA.
Erreur 4

Acquisition de services étrangers non déclarée

Des services reçus de prestataires étrangers — licences, conseil, publicité en ligne ou management fees — ne sont pas déclarés au titre de l’impôt sur les acquisitions alors que les conditions peuvent être remplies.

✓ Correction : identifier les prestations reçues de l’étranger, vérifier le statut du fournisseur et déclarer l’impôt sur les acquisitions lorsque les conditions sont remplies.
Erreur 5

Opération triangulaire mal qualifiée

Un flux de facturation international est traité en l’absence d’analyse des flux physiques réels, conduisant à des facturations sans TVA pour des livraisons qui restent en Suisse.

✓ Fix : analyser chaque opération triangulaire en suivant le flux physique des marchandises — pas seulement le flux de facturation — avant de déterminer le traitement TVA.
Erreur 6

Documents douaniers non archivés

Les déclarations d’importation et d’exportation ne sont pas systématiquement archivées, rendant impossible la défense des positions TVA lors d’un contrôle survenant plusieurs années après les opérations.

✓ Correction : archiver les DTe et autres pièces douanières dans leur format électronique, de manière accessible et reliée à l’opération pendant la durée applicable.
❓ Questions fréquentes

TVA importation & exportation Suisse — questions fréquentes

La TVA payée à l’importation — perçue par l’OFDF lors de l’importation des marchandises — peut être récupérée comme impôt préalable par une entreprise assujettie à la TVA suisse, à condition de disposer du document douanier d’importation correspondant indiquant la TVA acquittée, et que les marchandises importées soient destinées à une activité générant du droit à déduction. La récupération s’effectue dans le décompte TVA de la période concernée, sous réserve des délais, de l’affectation et des justificatifs disponibles.

Une livraison de marchandises est exonérée de TVA suisse à l’exportation lorsque les biens quittent effectivement le territoire douanier suisse et que cette sortie est prouvée par le document d’exportation correspondant — déclaration d’exportation validée par la douane suisse, document de transport ou preuve de livraison à l’étranger selon les cas. Sans ces justificatifs, l’AFC peut requalifier l’opération comme une livraison suisse imposable, indépendamment de la nationalité de l’acheteur ou de la devise de facturation.

Le traitement TVA d’une prestation de service transfrontalière dépend de sa nature et du lieu de son exécution selon les règles de la LTVA. Pour les prestations dites de droit commun destinées à des entreprises établies à l’étranger, la règle du lieu du destinataire s’applique — elles sont en principe situées hors du champ territorial de la TVA suisse. Pour les prestations liées à un immeuble situé en Suisse, à des manifestations en Suisse, ou à certains services spécifiques, des règles particulières s’appliquent. La qualification doit être vérifiée pour chaque type de prestation.

Oui, sous certaines conditions. Une société étrangère sans établissement en Suisse peut être tenue de s’assujettir à la TVA suisse lorsqu’elle fournit des prestations imposables sur le territoire suisse et que, compte tenu des circonstances, le seuil de chiffre d’affaires déterminant de CHF 100’000 est atteint ou devrait être atteint dans les douze mois suivants. Les prestations exonérées ou soumises uniquement à l’impôt sur les acquisitions doivent être analysées séparément. Pour les ventes à distance et les envois de faible valeur, des règles spécifiques s’appliquent depuis 2019. La vérification doit être effectuée au cas par cas.

Une opération triangulaire implique trois parties dans deux pays ou plus : un fournisseur, un intermédiaire suisse et un client final, avec des flux physiques qui ne passent pas nécessairement par la Suisse. Le traitement TVA dépend de qui importe les marchandises, du lieu de livraison physique et des conditions de vente convenues. Ces opérations sont parmi les plus complexes en matière de TVA internationale et nécessitent une analyse documentée avant traitement comptable.

Pour les importations : décisions de taxation ou déclarations d’importation OFDF mentionnant la TVA acquittée, factures fournisseurs, documents de transport. Pour les exportations : déclarations d’exportation validées par la douane suisse, preuves de livraison ou de sortie du territoire, contrats de vente si applicable. La durée de conservation légale est de 10 ans pour les documents comptables, y compris les pièces justificatives douanières.

Ce guide a une vocation pédagogique : il explique les mécanismes techniques de la TVA sur les opérations d’import-export, avec des exemples concrets pour chaque type d’opération. La page service Import-export TVA Suisse présente l’accompagnement concret proposé par Robuste Fiduciaire pour structurer et sécuriser le traitement TVA de votre dossier spécifique — analyse des flux, vérification des justificatifs, coordination avec la comptabilité et préparation en cas de contrôle AFC.

Sources officielles

Références utilisées pour ce guide
AFC, OFDF et droit comptable suisse

Ces liens ne remplacent pas une analyse de dossier, mais ils permettent de vérifier les règles de base citées dans l’article : taux TVA, impôt sur les importations, base de calcul, assujettissement et impôt sur les acquisitions.

AFC — décisions de taxation électroniques

DTe à l’importation et à l’exportation : preuve, déduction de l’impôt préalable et archivage.

Voir la source officielle →
OFDF — Passar

État actuel des procédures numériques de transit, d’exportation et transition progressive de l’importation.

Voir la source officielle →
Fedlex — LTVA

Base légale de la TVA suisse, notamment territorialité, exonérations, déduction et preuve.

Voir la source officielle →
AFC — taux TVA

Taux normal, taux réduit et taux spécial en vigueur.

Voir la source officielle →
AFC — cours de change TVA

Cours du jour, cours moyens mensuels et conversion des contre-prestations en francs suisses.

Voir la source officielle →
CO art. 958f

Conservation des livres et pièces comptables pendant dix ans.

Voir la source officielle →

Votre dossier TVA import-export —
structuré à partir des flux et des preuves

La TVA internationale tolère peu les approximations : une position non documentée ou mal qualifiée peut générer un rappel plusieurs années après l’opération. Robuste Fiduciaire peut cadrer les flux, examiner les justificatifs disponibles et organiser les corrections à traiter, dans les limites du périmètre convenu.

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Accompagnement à distance · périmètre confirmé avant intervention